Royaume Uni : la Corn Dolly

Dans de nombreux pays du monde il est une tradition qui remonte à la nuit des temps. Il s'agit de la fête des moissons. On la trouve même dans des continents comme l'Amérique du Sud qui ne connaissaient pas le blé mais disposaient du maïs et du quinoa. Avant même de chanter louanges à Dieu, de danser au son grêle des flûtes et de banqueter en commun (après avoir muselé le barde), les moissonneurs formaient, avec les derniers épis récoltés, ce que l'on appelle bouquets de moisson. Les épis étaient liés entre eux pour former un objet dont les formes ont varié au fil du temps, croix, couronnes, poupées etc. Cet objet était alors offert aux divinités tutélaires locales, et à Dieu ou à la Vierge depuis l'ére chrétienne. On en décorait les chars de procession. L'objet, suspendu à la porte de la maison, devait apporter bonheur, félicité et abondance à la famille et obtenir l'assurance que la récolte de l'an prochain serait encore meilleure.

Cette tradition est maintenue de nos jours dans les régions céréalières comme la Beauce, le Nord-Pas-de-Calais ou la Normandie, mais elle a revêtu une importance particulière en Grande-Bretagne où les bouquets de moisson font preuve d'une extrême variété de formes grâce à des techniques de tressage très sophistiquées. La diversité de ces formes, qui portent toutes un nom particulier en fonction de leur design, du nombre de brins utilisés pour la tresse et de la région d'origine, est plus connue sous le vocable générique de Corn Dolly (poupée de blé).

Parmi les différents noms, citons, en vrac, Bride of the Corn, fiancée du blé, dont la forme est identique au symbole égyptien de la vie éternelle, l'Ankh; Marches Fan, le défenseur des marches; Drop Dolly, en forme de goutte; Rope Favour, cordon de faveur; Mordiford, une des plus connues, tresse de forme ovoïde, les deux extrémités reliées par une tresse verticale; Obsee Cross, inspirée d'une croix en fer forgé érigée à Obsee en Suisse; Cornish Neck, cravate de Cornouailles; Irish Harvest Knot, noeud de moisson irlandais; Owl, hibou; Snowflake, flocon de neige; Carpet Beater, tapette à tapis; Pertshire Maiden. Parmi tant d'autres on trouve également des personnages, des animaux, des ponts, des locomotives, des masques etc.

En 1951, lors d'un festival de Bretagne Insulaire, un couvreur nommé Fred Mizen présenta un lion et une licorne en paille. Jusque là secret de famille transmis de père en fils, le travail de la paille fut mis soudain en pleine lumière.

Lettice Sandford et Minnie Lambeth écrivirent les premiers ouvrages spécialisés dans ces techniques.

1981 vit la parution de Corn Dolly Newsletter, 24 pages d'informations diverses sur la paille, accompagnées de dessins et des indications de mises en oeuvre. Ces dernières bénéficièrent de l'apport très importants des motifs ornementaux suisses, surtout du cordonnet, le Schnürli. La combinaison de ces deux traditions a permis de créer toutes sortes de motifs décoratifs.

The Guild of Straw Craftsmen a été créee en 1989. Elle organise chaque année une conférence au cours de laquelle sont examinés les travaux des nouveaux adhérents, avec attribution d'un "Bronze Award".

Si les réalisations actuelles ne ressemblent que peu aux premiers travaux de 1950, la Guild fait un travail considérable dans la préservation d'un art tout à fait original bien que traditionnel, dans la recherche historique, dans la collecte d'oeuvres dénichées au fond des campagnes, dans la fédération de tous ceux qui tressent de la paille dans le monde anglophone.

The Guild of Straw Craftsmen

Membership Secretary

Higher Bejowan

Quintrell Downs

Newquay

Cornwall TR 8  4LJ

Pour de plus amples renseignements, voir les rubriques Partenaires

Merci à David Blackwood pour les photos 1 et 4

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