Histoire de poules

Le travail de la coquille d'oeuf existe depuis longtemps, les pays du sud est asiatique pratiquant ce "sport" l'ont bien démontré. Ils livrent principalement des petits tableaux ou des objets de vitrine dont le décor en coquille est recouvert d'une couche de laque destinée à le protéger, certes, mais également à lui donner la brillance qui fait naturellement défaut à un matériau calcaire, donc mat.

Au cours du XXème siècle le grand dinandier Jean Dunand s'est beaucoup intéressé à cette technique. Sa créativité, son talent de coloriste, sa quête continue de nouveauté ont engendré de véritables chefs-d'oeuvre. Poteries, tableaux, meubles, paravents, objets de vitrine divers portent la marque d'un des grands artistes contemporains.

Développant une technique personnelle, apportant un soin tout particulier à ses laques d'une profondeur extrême, il a notamment participé à la décoration du plus fameux paquebot géant de cette époque, le Normandie, recouvrant les parois des grands salons d'immenses panneaux ornés de motifs figuratifs en coquilles d'oeuf. Les panneaux sont ensuite laqués.

Georges Morin a repris en partie cette technique. Il pratique la marqueterie de coquille d'oeuf en l'associant à d'autres matériaux aussi inattendus. Pour mieux jouer sur les contrastes de matières, il ne laque pas ses réalisations mais les marie avec de la paille, de la peau de python, du galuchat, des perles de verre, du métal, des bois précieux ..., opposant ainsi la brillance des uns à l'aspect mat des autres. S'il ne s'interdit pas l'usage de la teinture pour les pailles par exemple, les coquilles sont toujours exprimées à l'état naturel, couleurs comprises.

Il existe en effet une gamme infinie de couleurs, de tons, de nuances dans les coquilles d'oeuf. Les pays du Proche Orient ne consomment que des oeufs absolument tout blanc, les poules françaises de Marans proposent des oeufs d'un brun-rouge profond, les Araucanas d'Amérique de sud des couleurs du gris au bleu clair mais les Améraucanas, hybrides de poules américaines et d'Araucanas du lac Titicaca, pondent des oeufs bleu-ciel clair, les émeus d'Afrique de sud ne jurent que par le bleu-vert foncé très soutenu, les autruches ne connaissent que le beige, et ne parlons pas des fantaisies des nandous et de tous les volatiles. Enfin pensons aux oeufs blancs des crocodiles. Néanmoins la grande majorité des coloris va du blanc au marron foncé en passant par toute la gamme des blanc cassé, beige, jaune, marron. D'autant que les couleurs varient durant la période de ponte, allant du clair, au début, au foncé à la fin, ce qui offre une palette extrêmement fournie, quasiment illimitée.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la teinte de la coquille ne dépend pas de la nourriture, mais d'une glande propre à chaque race, située juste avant le croupion et appelée l'encrier car remplie d'une substance qui encre l'oeuf au passage au moment de l'expulsion. Les teintes ainsi obtenues sont relativement superficielles ce qui exclue toute opération de ponçage. Malgré tout, dans le cas de coquilles épaisses, il est possible d'effectuer un très léger ponçage pour obtenir des nuances supplémentaires.

 

Georges Morin

Grande rue

71460 SAINT-GENGOUX le NATIONAL

Tél : 03 85 92 56 69

Courriel : georges.morin5@orange.fr

 

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